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Carina Mac Laughlan. Cet article a été publié sur Attelages magazine

Chez Carina les chevaux ne travaillent pas.
Ils finissent leur vie en beauté.
C’est nécessaire et suffisant.
C’est sage.
Parce qu’il est bien possible que, si nous les aimions véritablement, pas pour nous mais pour eux, nous nous contenterions de les regarder embellir nos jours.
Longtemps elle a cru que ce serait bien de les monter, mais au fil du temps, auprès d’eux, elle a compris qu’il était préférable, au propre comme au figuré, d’être à leurs genoux, à leurs pieds.
Parce qu’il ne s’agit pas de dominer, voire, par ignorance, de les ruiner, mais d’apprendre…
Longtemps pensé qu’il serait magique de fixer leur insaisissable grâce en images et de nous faire partager de ces regards éphémères qu’ils ont quand passent le rêve ou les nuages dans leurs beaux yeux de cristal… de ces robes de soie qui s’agacent au moindre soupçon de nervosité, de ces crinières en apesanteur, de ces corps en lévitation qui zèbrent d’une calligraphie lumineuse la pénombre de l’écurie quand le soleil s’y égare, et la pellicule de ses photos.
Que ce serait magique de traverser le miroir, de franchir enfin le seuil du dernier cercle et d’être par eux tolérée, et peut-être… acceptée. Pénétrer leur intimité, devenir l’une des leurs en un mot, toujours dans le respect de leur personnalité en leur laissant le privilège du choix s’ils acceptent ou n’acceptent pas la séance photo.
Alors pour obtenir ses merveilleux clichés, tous pris en lumière naturelle et jamais retouchés, elle leur court après, ou bien elle les attend, soucieuse de ne rien imposer. Ça peut durer des heures… il lui arrive de s’endormir dans la paille auprès d’eux.
Elle cherche ce qu’elle n’aurait pas su projeter au travers d’un dessin, l’accord parfait, une mélodie.
Elle attend surtout qu’ils lui donnent une image insoumise et nettoyée de l’influence humaine, mais complice en même temps.
Hypersensibles, subtils et comédiens, les chevaux entrent volontiers dans son jeu, sachant très bien  » faire semblant « , montrer les dents ou les sabots  » pour rire « , par exemple, sans jamais la mettre en danger.
Pour les photos que veut Carina, le cheval idéal n’est pas un cheval abusé, mais un cheval rétif qui exprime son désaccord parce qu’elle lui laisse comprendre qu’il lui est possible de faire autrement et même qu’il est plus fort que nous.
Chez Carina, les chevaux ont une famille, la sienne. C’est un Clan, une filiation mentale privilégiée où l’harmonie, la tolérance et la confiance sont de maîtres mots.
Peu lui importe, bien au contraire, que certains d’entre eux soient des vagabonds recueillis parce qu’ils étaient  » trop « … trop caractériels, trop encombrants, trop  » entiers « … dans le désespoir peut-être… enfin bref, de trop.
Chacun d’entre eux possède une beauté susceptible de sortir l’homme de ses impasses, s’il veut bien regarder ailleurs qu’en lui même.
Chevaux sauvés, réhabilités par ses extraordinaires photos, et de leur déchéance, magnifiés, idéalisés.
Carina refuse de jouer sur la corde sensible.
Elle aurait pu montrer leur guerre et nous mortifier, nous culpabiliser. Non.
Honneur à eux qui se nomment Athéna, Cacao, Callum, Gabitto, Hercules, Mimir, Titi, Whallou… presque tous des entiers.
Née à Londres en 1963, Carina est de nationalité française.
C’est auprès de son père que Carina prend le virus de la photo.
Après avoir beaucoup voyagé, après avoir longtemps exploré les disciplines équestres, Carina Mac Laughlan s’est remise en question.
Quittant les bords du lac Léman, elle abandonne et sa carrière d’informaticienne et… l’équitation.
C’est en Bresse Bourguignonne qu’elle vit dorénavant.
C’est là qu’elle bâtit une œuvre originale auprès de ses chevaux.
Là que dans la logique de sa démarche et forte de la tempérance qu’ils lui ont enseignée, elle est devenue végétarienne. Et là qu’une part des fonds qu’elle récolte en vendant ses photos aide généreusement le Refuge de Darwyn à accueillir des chevaux.
Carina est une grande dame.
Depuis juin 2007 nombre d’expositions l’ont fait savoir.
Une grande artiste, une grande amie des chevaux.
Carina Mac Laughlan
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