Edgar Degas, Avant le Ballet, 1890/1892

« Quelqu’un affirme fièrement : « Moi, j’ai des convictions et jamais je ne les abandonnerai, je les défendrai jusqu’au bout. » Et en effet, il bataille courageusement contre ceux qui ne sont pas de son avis. On ne peut pas reprocher aux gens d’avoir des convictions, mais ils devraient se demander parfois ce qu’elles valent et s’ils ne gagneraient pas à les réviser. Du point de vue de la sagesse, l’attitude de certains hommes et femmes de conviction est plutôt de l’orgueil, de l’entêtement ou de la bêtise, et les conséquences peuvent être terribles : le fanatisme, la cruauté.
La conviction n’est pas nécessairement une justification, elle n’empêche personne de commettre les pires erreurs : le fait d’être convaincu ne change pas une opinion erronée en vérité. « Mais alors, direz-vous, comment savoir ce que valent nos convictions ? » Si elles vous rendent meilleur, c’est-à-dire plus lucide, plus patient, plus généreux, plus ouvert aux autres, conservez-les. Mais si ce n’est pas le cas, vous n’avez pas de quoi être fier : tâchez de les réviser sévèrement. »

Omraam Mikhaël Aïvanho

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