Considéré comme le père de l’équitation française, voir même mondiale, François Robichon de la Guérinière est un écuyer que l’on ne présente plus. Sa vie est pourtant peu connue du grand public et les spécificités de son équitation son bien trop souvent réduites à la seule pratique (ou invention pour certains) de l’épaule en dedans. L’impact qu’il a eu sur l’équitation à travers le temps, de même que la manière dont il se situe dans son siècle (homme de son temps, en avance sur son temps ou bien en décalage par rapport à son époque) ne sont la plus part du temps qu’imparfaitement mesurés. C’est l’ambition de ce modeste article que d’essayer de fournir à celui qui le souhaite une entrée pour tenter de mieux comprendre ce géant de l’équitation.

 

Biographie 

François Robichon est le fils de Pierre Robichon de La Guerinière, officier de la duchesse d’Orléans et avocat au siège d’Essay, dans l’Orne. Il est le frère cadet de Pierre des Brosses  de La Guérinière, lui aussi écuyer. On sait peu de choses sur la jeunesse de La Guérinière. Sans doute arrive-t-il à Paris vers ses 15 ans. Il est vraisemblablement formé à l’art du manège dans l’académie de M. de Vendeuil rue des Canettes. C’est en 1715 que Françaois Robichon reçoit ses provisions d’écuyer, de la part de Charles de Lorraine, grand écuyer du roi.

Il fonde une académie équestre à Paris, à l’angle des rues Tournon et Vaugirard. Il s’associe pour créer cette structure qui ouvre ses portes en 1717 à un certain Jean-François Colménil. Ce dernier est ancien trésorier du roi et a épousé la belle sœur du grand père de La Guérinière, qui est aussi la marraine de son frère.

La Guérinière épouse en 1718 Marguerite Martine Robin de la Forest, avec qui il aura deux enfants, Anne-François et Françoise-Apolline.

En 1724 l’association entre Colménil et La Guérinière touche à sa fin et leur bataille judiciaire commence. L’ancien trésorier royal a en effet de forts soucis d’argent et provoque de nombreux soucis de gestion au sein de l’académie, il aurait même installé un temps un tripot dans ses locaux. Pour maintenir son écurie à flots La Guérinière s’associe à un certain Despretz, qu’il formera à la haute école, celui-ci finissant même par obtenir un brevet d’écuyer.

En 1725 C’est le propre frère de La Guérinière, Pierre des Brosses, qui devient son associé. Cela lui coûtera toute sa fortune. Un certain Le Boultz se joint également au contrat et verse 4000 livres à Despretz, sans doute en remboursement de ses parts.

Malgré tous ses soucis financiers et juridique[i] La Guérinière parvient à écrire durant cette décennie  son traité d’équitation, L’école de Cavalerie, qui paraît en deux tomes, en 1729 et 1730. Le succès est immédiat et la réputation, déjà considérable, de La Guerinière comme homme de cheval et pédagogue prend encore de l’ampleur et s’internationalise. Une deuxième édition de ce livre verra le jour en 1733, avec un texte enrichi et illustré de gravures réalisées par Charles Parrocel.

La réussite équestre de La Guérinière n’empêche pas son académie de s’effondrer sous les problèmes juridiques et financiers. Malgré tout le grand écuyer du roi, Charles de Lorraine, décide de mettre à la disposition de l’écuyer le manège des Tuileries, inoccupé depuis de nombreuses années. De plus il le nomme en 1740 écuyer ordinaire du roi. Il semble qu’à ce moment, en attendant la réouverture des Tuileries, La Guérinière officie un temps dans la grande écurie de Versailles, mais cela n’est pas certain.

Fort du succès de son livre et de ce nouveau lieu de travail les soucis de La Guérinière finissent par s’estomper. En 1743, après de nombreux travaux le manège des Tuileries ouvre ses portes et La Guérinière y forme de nombreux élèves. Il dirige cette académie jusqu’à sa mort en 1751. Il partage son temps entre enseignement, équitation, détente dans son pavillon de chasse à Buc et visites à son frère qui tient une académie équestre à Caen.

Après le décès du maître le manège des Tuileries est un temps dirigé par Anne-François, fils de La Guérinière, et également écuyer, et son beau-frère François Ignace Lessieure de Croissy. Ils cèderont cependant la place à Jacques-Philippe du Gard en 1758. Le nom de La Guérinière restera cependant très attaché au monde du cheval car Pierre des Brosses de La Guérinière et ses descendants dirigeront l’académie équestre de Caen durant de très nombreuses années.

 

Le XVIII° siècle, une époque de mutations.

La Guérinière entame sa carrière d’écuyer en 1715, année de la mort de Louis XIV. LA France est à ce moment exsangue suite aux dernières guerres menées par le Roi-Soleil, la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697) et la guerre de succession d’Espagne (1701-1714). De plus, le pays souffre encore au niveau alimentaire des conséquences du très rude hiver de 1709[ii]. Les campagnes sont ravagées, la population amoindrie et le trésor royal ruiné. La Couronne est au moment du sacre de Louis XV endettée de 2.8 milliards de livres. Enfin, Louis XV est l’arrière petit fils de Louis XIV et n’a que 4 ans lorsqu’il monte sur le trône. C’est son oncle, Philippe d’Orléans qui va diriger le royaume de France jusqu’en 1723, en tant que régent.

Ce dernier, avec l’appui du financier et aventurier John Law, met en place un système financier nouveau pour tenter de redresser la situation économique. Basé sur l’édition de billets ayant une valeur marchande gagée sur les réserves d’or du Trésor royal, et, progressivement, sur les richesses sensées parvenir  de l’ensemble des colonies françaises de cette époque[iii]. Ce système, que l’on nomme système de Law, connaît un succès fulgurant. De nouveaux billets sont régulièrement réimprimés, de nouveaux privilèges sont régulièrement accordés à Law et à la banque qu’il a créé pour l’occasion et la spéculation sur les billets s’envole. Malheureusement la hausse spectaculaire de la valeur des billets par le biais de la spéculation finit par provoquer une crise de confiance chez les investisseurs qui finissent tous par revendre leurs billets et demander le remboursement de leurs parts à Law. Le système s’écroule, provoquant une banqueroute en 1720. La monarchie est alors endettée de plus de 3 milliards de livres, situation encore plus désastreuse qu’a la mort du Roi-Soleil.

La Guérinière est indirectement victime de ce que l’on a appelé la banqueroute de Law. Au-delà de l’impact financier sur une partie de ses élèves qui ne peuvent plus financer leur apprentissage dans son académie, son associé Colménil est frappé de plein fouet par l’échec de ce système dans lequel il semble avoir investi assez massivement. Il se voit obliger d’utiliser une partie des recettes de l’académie de Vaugirard pour rembourser ses dettes, ce que La Guérinière n’apprécie guère. Associé aux divers troubles que Colménil provoque dans la gestion de l’établissement, c’est la que se trouve la raison de la procédure judiciaire qui oppose les deux hommes pendant des années. Colménil recevant le soutien de ses créditeurs, qui ne voient pas d’autre moyen de recouvrer leur argent. La procédure judiciaire, longue, complexe et coûteuse consomme la plus grande partie des maigres ressources financières qui restent à l’académie de Vaugirard.

Les guerres de Louis XIV rendent également le travail des écuyers plus difficile. Au-delà des soucis financiers, de la ponction démographique sur les hommes et les chevaux, les échecs successifs des dernières guerres du Roi-Soleil amènent les premières critiques envers la haute école et l’art du manège. Ce dernier est de plus en plus vu comme insuffisant ou parfois même incapable de préparer correctement les cavaliers et leurs montures au combat. Certains se mettent donc à douter du bien fondé de l’utilisation des académies équestres et de leurs programmes d’enseignement pour former les cadres et les troupes de l’armée royale. Pour certains militaires, l’équitation devrait se concentrer sur une forme plus simple et plus utilitaire[iv].

Cependant si les critiques se font jour à l’époque de La Guérinière, elles restent relativement discrètes et ne prennent de l’ampleur que dans la seconde moitié du XVIII° siècle, après la défaite de la France lors de la guerre de 7 ans.

 

Les chevaux en France au XVIII° siècle.

Les guerres menées par Louis XIV révèlent l’une des faiblesses de l’armée du Roi-Soleil, ses chevaux. Bien que certains pointent du doigt la Haute Ecole, les difficultés de la cavalerie du roi de France sont bien d’avantage à attribuer à la qualité de ses montures. La France manque à cette époque de bons chevaux de selle. Le roi et son conseil sont conscients de ce problème, comme en témoigne leurs efforts pour dynamiser l’élevage équin dans le pays et limiter les importations de montures étrangères. C’est durant le règne de Louis XIV, sous l’impulsion de Colbert que sont créés les Haras Royaux ainsi que le principe de l’approbation des étalons privés par l’Etat pour la reproduction et l’amélioration des races françaises. Ces efforts se poursuivent au XVIII° siècle avec la création de nouvelles structures pour l’élevage, comme le haras du Pin, le « Versailles des chevaux », qui accueille ses premiers étalons en 1717.

Les résultats de la politique royale en faveur de l’élevage équin sont cependant médiocres. La faute en revient avant tout au retard agronomique de la France à cette époque. Faute d’une alimentation suffisamment qualiteuse les chevaux ne peuvent se développer convenablement durant leur jeunesse. Cela crée des montures petites, raides, manquant de puissance physique et d’endurance. Mais ce n’est pas le seul facteur expliquant le manque de qualités des races françaises pour la selle à cette époque. Les méthodes d’élevage et de sélection des reproducteurs sont également en cause, en particulier parce que l’attention portée au choix des étalons est beaucoup plus  importante que celle accordée au choix des poulinières. En effet  à cette époque on considère que l’étalon est dominant dans la reproduction et qu’il détermine presque à lui tout seul les qualités du poulain. Il faut attendre le milieu du XIX° siècle pour que cette opinion ultra-majoritaire  commence à être remise en question par certains éleveurs.

Les guerres de Louis XIV provoquent elles aussi une baisse de qualité dans la production équine française. Ses armées manquant en permanence de chevaux, le Roi décide de faire des réquisitions régulières chez les particuliers et les éleveurs privés. Cela amène ces derniers à ne chercher à produire que des chevaux inadaptés à l’usage des armées. Ce choix est d’autant plus simple pour les éleveurs que la France dispose d’un autre marché, en pleine expansion depuis le début du XVII° siècle, pour écouler ses chevaux, les chevaux de trait. La France est en effet l’un des pays d’Europe qui, à cette époque, utilise le plus les chevaux pour les travaux agricoles. C’est le pays qui dispose de la plus grande variété de races de chevaux de trait et celle-ci sont parmi celles qui ont le plus de qualités pour cet usage sur tout le continent. Certaines de ces races peuvent également être utilisées comme chevaux carrossiers ou pour améliorer la puissance et la force de traction des chevaux de carrosse, usage plus important encore que la selle ou le labour à cette époque. La production de chevaux de selle n’est donc pas la priorité des éleveurs français, jusqu’à la fin de l’ancien régime.

Enfin, les académies équestres ne sont pas vraiment non plus un débouché ou un moyen de promouvoir les chevaux de selle français. Le cheval considéré comme idéal pour le manège est à cette époque le cheval ibérique. Même si celui-ci reste assez minoritaire au sein de la cavalerie des académies[v], il n’en demeure pas moins l’idéal recherché par tous les écuyers. Son prix et les difficultés logistiques à le faire venir depuis l’Andalousie et arriver en bonne santé expliquent sa rareté. Mais toute académie investit pour s’en procurer un ou deux, limitant d’autant ses moyens financiers pour acheter ses autres chevaux. Les éleveurs n’investissent alors que peu dans les moyens de produire des chevaux de selle de qualité[vi], ceux-ci ne pouvant être vendus à un prix très élevé.

Le royaume de France est donc contraint de multiplier les importations de chevaux de selle étrangers et de reproducteurs pour leurs races locales afin de conserver des montures correctes.

 

Les académies et l’enseignement équestre au XVIII° siècle.

Au XVII° siècle, comme durant toute la période de l’Ancien Régime, le principal lieu d’enseignement de l’équitation en France sont les académies équestres. C’est dans ce cadre que La Guérinière exerce son activité d’écuyer. Certaines de ces académies sont anciennes[vii] et la plus part de celles qui existent durant le règne de Louis XV ont été fondées à l’initiative des villes du Royaume, même si une grande partie prennent le titre de « royale » assez rapidement après leur création.

La situation des écuyers est assez complexe en France. Ceux-ci sont ordonnés par le Roi ou son grand écuyer. Les académies sont ouvertes à l’initiative des villes, mais financées presque entièrement par la fortune personnelle des écuyers puis leurs recettes propres. Cependant les écuyers restent locataires des installations qui sont la propriété des villes. Lorsque le titre de « royale » est décerné à une académie cela ne lui est d’aucun secours car le Roi n’envoie aucune aide financière aux établissements et ne soutient pas les écuyers dans leurs rapports avec les villes. Plus grave encore lorsqu’une académie devient « royale » cela est bien souvent vécu par les villes comme une intrusion du pouvoir royal au sein de leurs prérogatives. S’ensuit assez souvent une politique de vexation de la part des conseils urbains à l’égard des écuyers et de leur structure. Cette situation difficile explique pourquoi beaucoup d’écuyers à cette époque terminent leur carrière ruinés et pourquoi les académies équestres ferment régulièrement avant de rouvrir quelques années plus tard sous l’égide d’un nouveau maître. Les soucis financiers et juridiques de La Guérinière sont donc loin d’être un cas isolé.

Cependant toutes les académies ne connaissent pas une vie aussi difficile. Les villes demandent souvent l’ouverture d’une académie car c’est une grande source de prestige et de revenus pour la ville. Certains centres urbains en sont plus conscients que d’autres et tentent réellement de soutenir le maître écuyer sans trop se préoccuper des possibles intrusions du pouvoir royal. De la même manière, l’ancienneté  de certaines académies leur apporte du poids dans leurs rapports avec les villes.

Le pouvoir royal quand à lui cherche réellement à faire de toutes les académies équestre des académies « royales ». Au-delà de simplement marquer son empreinte sur le territoire les Rois de France ont conscience de l’importance de ces structures dans le processus de domestication de la noblesse. Ces centres de formations sont en effet réservés à la noblesse, et bien souvent à la noblesse d’épée. C’est ici que les jeunes aristocrates apprennent, au-delà de simplement monter à cheval, la danse, l’escrime et diverses autres matières durant leur adolescence[viii]. C’est également ici que se forge leur vision du monde, de la France, de la société et donc de leur place au sein de celles-ci. L’enjeu pour le pouvoir royal et les familles nobles est donc clair, pour l’un domestiquer les nobles, pour les autres se former à être un parfait courtisan. De plus ces académies attirent de nombreux élèves étrangers, certains issus de familles très puissantes, voire même princières. C’est donc un excellent moyen de faire rayonner la culture française à travers l’Europe.  Les académies sont de fait bien plus qu’un conservatoire d’art équestre.

Dans ce contexte l’académie de La Guérinière fait figure d’exception. Sa renommée dépasse celle de toutes les autres. Ses installations sont immenses, pouvant accueillir plus de 80 chevaux. C’est d’ailleurs l’une des raisons des difficultés financières de l’établissement, les frais engagés au départ seront bien trop importants pour que la structure puisse devenir rentable. Enfin il s’agit de la première académie équestre en France où est dispensé un cours de science vétérinaire. Cela fait de la Guérinière un pionnier dans sa manière de considérer tous les aspects de la vie et de l’entretien des chevaux, là où la plus part des maîtres et auteurs avant lui ne se préoccupaient que de technique équestre[ix].

 

 

 

 

 

 

L’école de cavalerie.

La Guérinière dit écrire son livre car il déplore qu’il n’y ait pas à son époque de doctrine équestre complète, claire et intelligible[x]. C’est la raison pour laquelle son œuvre aborde l’ensemble des éléments du cheval et de sa vie au XVIII° siècle. Ce livre traite non seulement du travail du cheval, du débourrage jusqu’à la haute école, mais également, du travail du cheval à l’extérieur, le dressage des chevaux de guerre et de carrosse. Il donne également quelques indications concernant la manière de faire sauter un cheval par-dessus un obstacle. Enfin deux parties très importantes de ce texte sont consacrées d’une part au matériel et au choix du cheval et d’autre part à son anatomie, ses maladies et les manières de le soigner.

Dans ce livre La Guérinière nous montre également selon quels principes philosophiques il aborde son art. Il dit que les principes doivent servir à sublimer la nature ou encore que « la connaissance du naturel d’un cheval est l’un des premiers fondements de l’art de monter et tout homme de cheval doit en faire sa principale étude ». Bien loin de la théorie de l’animal machine[xi] qui domine la pensée française, voir même européenne à cette époque, La Guérinière voit les chevaux comme des êtres sensibles, dotés de mémoire et de faculté de juger, en somme de raison. En rupture sur ce point avec son époque il est comme une sorte de précurseur de l’éthologie. Cela se confirme lorsqu’il explique que  « l’homme fait plus de chevaux vicieux que la nature ». L’écuyer a conscience de la puissance des procédés utilisés par l’homme, des risques qu’ils représentent, de la sensibilité propre à chaque cheval et de la manière dont la plus part de ses contemporains considèrent les chevaux.

A cette époque l’art équestre a pour but, par la discrétion de ses procédés et l’élégance de ses exercices, de rehausser le prestige du cavalier au travers de la grâce de sa monture. En effet quel meilleur moyen pour placer instantanément un noble au dessus du commun des mortels que d’êtreentrain de monter un cheval qui semble danser ? C’est là ce que la plus part des aristocrates de l’époque moderne recherchent au sein des académies équestres qui leurs sont réservées[xii]. Cependant la philosophie équestre de La Guérinière va plus loin que cela. Son livre montre qu’il est sincèrement préoccupé par le sort des chevaux et son idée principale est de sublimer ce que la nature a donné à chaque cheval, « les principes, au lieu de s’opposer à la nature, doivent servir à la perfectionner par le secours de l’art »[xiii]. C’est donc sa monture que l’écuyer cherche à mettre en avant dans son travail, et non lui-même. Cela le rend bien différent des écuyers de son époque et son livre est en tous cas le premier traité d’équitation qui nous soit parvenu où transparait une telle volonté[xiv].

Le traité équestre de La Guérinière nous renseigne encore sur sa personnalité. Les hommages qu’il rend, ou ne rend pas, au début de son travail à ses prédécesseurs qu’il considère comme les plus importants nous éclairent sur sa manière de penser. Ainsi, en dehors de son maître M. de Vendeuil La Guérinière cite surtout deux auteurs qui l’ont précédé : Salomon de la Broue[xv] et William Cavendish, duc de Newcastle[xvi]. La référence au premier n’est pas une surprise pour qui a lu avec attention l’Ecole de Cavalerie. On note en effet durant tout le livre écrit par Salomon de La Broue le même souci du bien être du cheval durant son travail, la même condamnation de l’usage de la force pour le dresser ou encore la même importance accordée à l’usage de la récompense, que l’on appellerait aujourd’hui renforcement positif. Si l’on s’occupe d’avantage de technique équestre on notera également que Salomon de La Broue est le premier, et le seul auteur jusqu’à La Guérinière, à mettre en avant l’importance du travail de deux pistes[xvii] dans le dressage du cheval[xviii] et à le préférer à l’usage des piliers. La Guérnière est quand à lui connu avant tout pour avoir codifié le mouvement appelé épaule en dedans[xix]. L’écuyer normand poursuit son travail par des hanches en dehors[xx], les contre changements de main[xxi] et les voltes[xxii], qu’il rétrécit jusqu’à la pirouette[xxiii].

L’intérêt porté par La Guérinière au duc de Newcastle peut en revanche paraître plus surprenant de prime abord. En effet l’écuyer anglais utilise des procédés assez éloignés de ceux du maître normand. Newcastle est adepte de la rêne fixe pour donner le pli au cheval. Il utilise abondement le pilier fixe unique pour travailler les cercles et recommande de mener son cheval par la crainte avant tout. On est donc assez loin des principes qui guident La Guérinière. De plus le duc de Newcastle n’a de cesse de se mettre en avant dans ses écrits et développe une personnalité exubérante là où La Guérinière fait preuve de beaucoup de retenue[xxiv]. Bref les deux hommes semblent trop éloignés aussi bien dans leurs méthodes que dans leur personnalité pour pouvoir s’entendre. L’attention que porte l’écuyer Normand au noble anglais s’explique en fait par deux points. Le premier est l’attention toute particulière que Newcastle accorde à la position du cavalier. Non seulement celui-ci lui donne une place centrale dans sa manière de monter à cheval mais il consacre de nombreuses pages de son livre à son étude et à sa description. La Guérinière le dit lui-même dans son Ecole de Cavalerie, « la grâce est un si bel ornement pour un cavalier et en même temps un si grand acheminement à la science que tous ceux qui veulent devenir homme de cheval doivent, avant toute chose, employer le temps nécessaire pour acquérir cette qualité[xxv]». L’écuyer normand fait de la position du cavalier, de sa capacité à accompagner les mouvements de son cheval la base et le point de départ de l’équitation. Si d’autres auteurs ont consacré du temps à la posture correcte du cavalier, seul Newcastle lui a donné, parmi les prédécesseurs de La Guérinière une place aussi centrale.

Le second élément qui rapproche ces deux écuyers est un exercice pratiqué par le duc Anglais. Celui-ci recommande de temps en temps lors du travail sur le cercle de venir placer les épaules du cheval à l’intérieur, sur un cercle plus petit que celui décrit par les postérieurs. Newcastle explique que c’est un excellent moyen d’assouplir le cheval mais que cela doit être utilisé avec parcimonie car cela a également tendance à mettre le cheval sur les épaules. L’exercice lorsqu’il est poursuivi sur une ligne droite, ce que Newcastle ne fait pas[xxvi], devient une épaule en dedans, exercice cher à La Guérinière. Les deux hommes ont donc bel et bien certains points communs dans leurs manières de travailler les chevaux. De plus la considération dont La Guérinière fait preuve à l’égard du noble anglais montre qu’il est capable d’une certaine ouverture d’esprit et d’une certaine capacité à aller au-delà des préjugés que peuvent inspirer les écrits d’un homme dont l’approche et la personnalité sont radicalement différentes des siennes, pour en retirer ce qui peut y avoir de la valeur. Cet exercice est d’autant plus compliqué psychologiquement pour un  écuyer français, que Newcastle est un aristocrate anglais. C’est un pays qui est un adversaire diplomatique et militaire de la France durant toute l’époque moderne[xxvii]. Rendre hommage à l’un de ces habitants n’est pas ce qui est le plus attendu dans un livre publié avec l’accord du Roi de France.

Le livre de La Guérinière confirme enfin la réputation de moderniste qu’il a acquise tout au long de sa carrière. L’un des éléments qui montrent le plus son caractère moderne est le matériel qu’il emploie pour monter à cheval. Au début de sa carrière La Guérinière emploie encore des mors relativement puissants, pour la plus part inventés par les maîtres italiens du XVI° siècle. Dans la première partie de son livre l’écuyer normand nous livre une description très précise des différents mors employés à l’époque, notamment les mors à branche, dont il précise que plus les branches sont longues plus le mors est doux[xxviii]. Cependant l’auteur recommande avant tout d’utiliser un mors à simple brisure et gros canons, très proche des mors simples employés aujourd’hui. Ce type de mors ayant une action douce sur la bouche du cheval est très peu utilisé à cette époque.

La Guérinière recommande encore de n’utiliser le caveçon qu’avec parcimonie et se montre assez critique sur l’usage des piliers. Il en prône un usage mesuré seulement sur des chevaux déjà réglés au piaffé. Alors les piliers donneront «de la vigeur, la gentillesse, la légèreté, la disposition d’un cheval, mais encore comme un moyen de donner des qualités à ceux qui en sont privés[xxix] ». Cette réflexion sur l’usage des piliers[xxx] est la seule référence faite dans l’œuvre de La Guérinière à Antoine de Pluvinel[xxxi], considéré à cette époque comme le plus grand maître équestre en France depuis près d’un siècle.

Mais bien qu’il soit sur de nombreux points en décalage avec les courants de pensée dominants de son époque La Guérinière n’en reste pas moins un homme de son temps. Il est noble et courtisan. Son réseau familial a déjà été évoqué plus haut, tout juste rappellera-t-on que son premier associé, Colmenil a été trésorier de France quelques années auparavant. Ce dernier est donc bien introduit à la cour du roi et, au départ, c’est certainement par son intermédiaire que l’écuyer normand est introduit auprès de Charles de Lorraine, grand écuyer du roi. C’est d’ailleurs à lui que ce livre est dédié. Cependant la fin de la dédicace nous montre l’intelligence de La Guérinière derrière les conventions sociales qu’il se doit d’observer en publiant. Il précise en effet le « motif qui m’a fait entreprendre cette école de cavalerie, pour l’utilité des gentilshommes qui font leurs exercices »[xxxii]. Si le respect de La Guérinière pour l’homme qui l’a soutenu à divers moments de sa carrière est certainement sincère, ce livre est clairement destiné à tous ceux qui souhaitent apprendre l’équitation. Et l’écuyer montre, en l’écrivant ainsi, qu’il tient à le faire savoir, même si il prend garde à entretenir ses relations avec les grands du royaume.

Ainsi c’est surtout la manière dont l’Ecole de cavalerie est habillé qui est la meilleure preuve de l’attention que La Guérinière porte à son réseau d’amitiés. L’écuyer n’est jamais représenté dans ce livre qui fourmille pourtant de gravures. A la place le noble normand préfère faire graver le portrait de ses élèves à cheval. Des élèves qu’il ne choisit pas de faire figurer au hasard. Le marquis de la Ferté-Sénectaire est le petit-fils d’un maréchal de France. Le comte de Saint-Aignan et le duc de Beauvilliers sont frères. Leur grand-père François-Honorat de Beauvilliers était membre de l’académie française et dirigeait les fêtes de Louis XIV. Paul de Beauvilliers, leur père, a été le précepteur des petits fils du Roi-Soleil. Cet ami de Fénelon a également épousé l’une des filles de Colbert et est devenu ministre d’Etat. Les deux élèves de La Guérinière sont donc également les petits-fils de Colbert[xxxiii]. Cela compose une jolie carte de visite. Comme tout noble français du XVIII° siècle l’écuyer normand sait que toute carrière se fait par la cour et les faveurs du roi. Et le meilleur moyen d’atteindre ce dernier sont encore les grands qui composent son entourage. L’Ecole de Cavalerie n’aurait pu être publiée en France sans la bénédiction royale qui lui sert d’ouverture.

Tous ces éléments font de l’Ecole de Cavalerie le traité d’équitation le plus complet et précis paru jusqu’à cette époque. C’est également l’un des plus faciles à lire. C’est surtout le premier traité d’équitation qui permet à quiconque a déjà acquis une bonne position à cheval et dispose d’un certain tact équestre, de dresser un cheval jusqu’à la haute école sans avoir recours à d’autres écrits ou à un professeur. C’est sans doute ce qui explique le succès sans précédent de ce livre et sa très grande postérité.

 

Conclusion

François Robichon De La Guérinière est donc un écuyer en décalage avec le monde équestre de son époque, mais il reste un homme de son temps. S’il n’hésite pas à bousculer les habitudes établies en matière d’art équestre il sait parfaitement comment marche le monde dans lequel il vit. Son œuvre traduit bien cette dualité. C’est une alternance d’innovations et de respect de la tradition et des us et coutumes qui caractérisent la France du XVIII° siècle. Tout cela est exprimé avec la grande modestie qui caractérise cet homme et qui est l’une des qualités que ses contemporains ont retenues de lui.

Principaux ouvrages :

Ecole de Cavalerie, Paris, 1729.

Eléments de cavalerie, Paris, 1740.

 

 

Bibliographie :

Albert Decarpentry, Equitation académique, Lavauzelle, Paris, 1949.

Doucet Corinne, « les académies équestres et l’éducation de la noblesse (XVI°-XVIII° siècle) », Revue Historique, 4/2003 (n°68), p. 817-836.

François Robichon de la Guérinière, Ecole de Cavalerie, Paris, 1729.

Jean-Pierre Bois, L’europe à l’époque moderne XVI°-XVIII° siècles, Armand-Colin, Paris, 1999.

Joël Cornette, Absolutisme et Lumières 1652-1783, Hachette, Paris, 2008.

Michel Henriquet, L’œuvre des écuyers français, Belin, Paris, 2010.

Marion Scali, La Guérinière, Belin, Saint-Just-la-Pendue, 2010.

[i] La Guérinière fait également l’objet d’un procès intenté par plusieurs de ses élèves. Cependant cette affaire sera effacée par la renommée qu’il tirera de son livre.

[ii] Cet hiver est le plus rude que connaît la France depuis des décennies. On dit que le vin aurait gelé dans le verre de Louis XIV à Versailles. Il s’ensuit une famine qui provoque de très nombreuses morts dans une population déjà affaiblie par les guerres du Roi-Soleil. Il s’agit également de la dernière grande crise frumentaire connue durant l’Ancien Régime. Le climat commençant à se radoucir quelques années plus tard et la population française dépassant même les 20 millions d’habitants (seuil que l’on considérait à l’époque comme celui du « monde plein » et indépassable) pour atteindre presque 28 millions d’habitants à la veille de la Révolution Française.

[iii] C’est en quelque sorte l’un des ancêtres de nos billets de banque actuels.

[iv] Jacques d’Auvergne sera l’un des plus brillants tenants de ce principe durant la seconde moitié du XVIII° siècle.

[v] Sur les 22 chevaux identifiés à l’académie de Toulouse 1 seul vient d’Espagne. Doucet Corinne, « les académies équestres et l’éducation de la noblesse (XVI°-XVIII° siècle) », Revue Historique, 4/2003 (n°68), p. 817-836

[vi] Par exemple l’achat d’une saillie d’un étalon ibérique, celle-ci étant très chère à cause de la rareté de cette race sur le sol français.

[vii] L’académie la plus ancienne recensée à ce jour est celle de Rouen, fondée en 1369, suivie par celle de Saumur en 1480 et celle de Caen en 1536. Source Doucet Corinne, « les académies équestres et l’éducation de la noblesse (XVI°-XVIII° siècle) », Revue Historique, 4/2003 (n°68), p. 817-836

 

[viii] S’y ajoutent aussi des matières intellectuelles comme les mathématiques, les langues, le droit, l’histoire, la musique, le dessin, la cartographie, etc. Plus le temps passe plus les matières intellectuelles sont nombreuses et variées. Celles-ci ne sont pas enseignées par l’écuyer en charge de l’académie mais par des maîtres spécialisés dans ces disciplines.

[ix] La troisième partie de l’Ecole de Cavalerie, consacré à l’anatomie, les maladies et les soins des chevaux, ne laisse aucun doute à ce sujet. La Guérinière y explique la circulation du sang chez le cheval et y traite même des capillaires, alors que ces deux phénomènes ne sont connus que depuis quelques décennies et peinent encore à être acceptés dans certains cercles médicaux et scientifiques. Il y cite également directement certains termes médicaux grecs, directement écrit avec l’alphabet grec. Ce livre dévoile à la fois l’esprit curieux et le savoir du maître. Il témoigne également de l’éducation soignée qu’il a reçu car ce ne sont pas tous les nobles de cette époque, loin s’en faut, qui connaissent l’alphabet grec.

[x] Pour lui, les écrits de ses prédécesseurs sont des « trésors infructueux de par le désordre qui y règne ».

[xi] Théorie développée par Descartes au XVII siècle qui consiste à imaginer les animaux comme des machines complexes dépourvues d’âme que l’homme pourrait bien être capable de fabriquer de toutes pièces un jour à force de progrès technique.

[xii] Sur cette question voir Source Doucet Corinne, « les académies équestres et l’éducation de la noblesse (XVI°-XVIII° siècle) », Revue Historique, 4/2003 (n°68), p. 817-836

[xiii] Voir François Robichon de La Guérinière, Ecole de Cavalerie, Paris, 1729.

[xiv] Seul peut-être Salomon de la Broue laisse apparaître au sein de son livre, Des préceptes du cavalerice ? François, publié en 1593 une envie similaire.

[xv] Les dates de naissances et de décès de Salomon de La Broue ne sont pas connues avec précision.

[xvi] Ecuyer Anglais né en 1592 et décédé en 1676.

[xvii] On appelle en équitation exercice de deux pistes tout mouvement ou le cheval se déplace latéralement, selon un angle plus ou moins prononcé. Si l’on traçait une ligne passant par le centre de gravité de l’animal et représentant le sens du mouvement les deux membres postérieurs de l’animal décrirait une ou deux traces parallèles à cette ligne situées du même côté de la ligne symbolisant la direction du mouvement et les deux membres antérieurs laisseraient le même type de traces de l’autre côté de la ligne symbolisant le mouvement. Pour simplifier la compréhension à la lecture un certains nombres d’auteurs parlent de pas de côté. Cette appellation a le mérite de clarifier les choses même si elle ne rend pas compte du fait que dans ce type de mouvement le cheval se déplace en même temps vers son côté droit, ou gauche et vers l’avant.

[xviii] Cependant Salomon de La Broue n’incorpore pas encore l’incurvation dans le travail de deux pistes de ses chevaux, contrairement à La Guérinière qui utilise ainsi les épaules en dedans et les appuyers.

[xix] Durant ce mouvement le cheval se déplace de côté tout en étant incurvé dans le sens opposé à celui de son déplacement.

[xx] Durant cet exercice le cheval se déplace de côté, le long du mur du manège les hanches du côté du mur, les épaules un peu à l’intérieur du manège. Il est également incurvé dans le sens de son déplacement. On appelle également cet exercice la croupe au mur. C’est en fait un mouvement d’appuyer, mais exécuté le long du mur du manège.

[xxi] Ce mouvement consiste en un premier appuyer le long d’une diagonale, puis arrivé au centre du manège, après une ou deux foulées droites, le cheval change le sens de son incurvation et commence un appuyer dans le sens opposé au premier.

[xxii] Chez les anciens la volte n’est pas un cercle au diamètre réduit. C’est en fait un carré, de taille réduite où l’on passe les coins soit en faisant rentrer les hanches du cheval à l’intérieur soit en les faisant sortir. On peut alterner ces deux exercices à chaque coin du carré. On parle alors de conversions sur le carré.

[xxiii] Exercice où le cheval tourne autour d’un postérieur qui lui sert de pivot et qui s’il se lève et se pose en rythme avec l’allure employée n’avance, ne recule ou ne se décale pas. Cet exercice peut être fait au pas, au trot ou au galop. A l’époque de La Guérinière on pratique également une pirouette au galop très rapide ou le cheval fait demi-tour, ou un tour complet sur lui-même en une seule foulée.

[xxiv] Certains auteurs qualifient même La Guérinière « d’anti-Newcastle » sur ce point. Voir Michel Henriquet, L’œuvre des écuyers français, Paris, 2010.

[xxv] Voir François Robichon de La Guérinière, Ecole de Cavalerie, Paris, 1729.

[xxvi] Cela est impossible pour l’écuyer anglais car il exécute la plupart de ses cercles en attachant le cheval à un pilier central unique. Il ne peut donc pas s’en écarter pour suivre une ligne droite.

[xxvii] Lorsque La Guérinière obtient son brevet d’écuyer la France sort tout juste de la guerre de succession d’Espagne et avant cela de la guerre de la ligue d’Augsbourg où l’Angleterre a fait partie de ses ennemis. Cela fait donc près de 25 ans que les deux pays sont en guerre. De plus malgré la paix les deux monarchies continuent de s’affronter sur le plan diplomatique et de l’influence territoriale, notamment dans la construction de leurs empires coloniaux, ce qui débouche sur la Guerre de 7 ans à partir de 1754. C’est sans doute cette période de paix militaire qui a permis à La Guérinière de faire éditer son livre avec la bénédiction du roi sans que cet hommage lui soit reproché. On notera tout de même que dans son livre La Guérinière se garde bien d’épiloguer sur ce qui fait les qualités équestres de Newcastle.

[xxviii] Au XVIII° siècle lorsque l’on parle de douceur d’un mors on fait référence à la douceur ressentie dans la main du cavalier et non aux sensations ressenties par le cheval dans sa bouche, contrairement à la manière actuelle d’évaluer la dureté des mors. Les mors employés au XVIII° siècle ont pour la plupart des branches très longues et sont donc extrêmement puissants. Ils ne nécessitent du coup que de très faibles actions de la main du cavalier pour être efficaces, d’où la sensation de douceur qu’un cavalier peut ressentir dans sa main en utilisant de tels harnachements.

[xxix] Voir François Robichon de La Guérinière, Ecole de Cavalerie, Paris, 1729.

[xxx] La Guérinière se base ici, en les approfondissant, sur les idées exprimées soixante ans plus tôt par le duc de Newcastle. Voir François Robichon de La Guérinière, Ecole de Cavalerie, Paris, 1729.

[xxxi] Antoine de Pluvinel (1552-1620) écuyer français parti étudier l’équitation en Italie au sein de l’Académie du maître Pignatelli, ayant publié l’un des premiers traités d’équitation français, Le manège royal, Paris, 1623, et L’Instruction du roi, Paris 1625. Pluvinel a notamment été chargé de l’instruction équestre du roi Louis XIII.

[xxxii] Voir François Robichon de La Guérinière, Ecole de Cavalerie, Paris, 1729.

 

[xxxiii] Voir Marion Scali, La Guérinière, coll. Les Grands Maîtres expliqués, Saint-Just-La-Pendue, 2010.